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Questions fréquemment posées imprimer  
 
  1. Les jeunes homosexuels sont-ils discriminés ? Quelle est la situation à l’école ?
  2. Pourquoi doit-on éduquer les jeunes à propos de l'homosexualité ?
  3. Les enfants sont-ils trop jeunes pour qu'on leur parle d'homosexualité ?
  4. Quel est l’âge adéquat ?
  5. N'est-ce pas faire du «prosélytisme» ?
  6. Est-ce le rôle de l'école que de parler d'homosexualité ?
  7. Comment répondre aux craintes de certains parents ?
  8. Les enfants/adolescents exposés au thème de l'homosexualité sont-ils plus enclins à devenir homosexuels ?
  9. Quelle est la responsabilité de l'Instruction publique vis-à-vis de ce thème ?
  10. Quelle est la responsabilité d'un éducateur santé, d'un animateur/trice en éducation sexuelle ? Obligation professionnelle ? Morale ?
  11. Doit-on aborder le thème de l'homosexualité spécifiquement ?
  12. Est-il souhaitable qu’un enseignant s’affiche en tant qu’homosexuel ?
  1. Les jeunes homosexuels sont-ils discriminés ? Quelle est la situation à l’école ?


  2. L'homosexualité est un sujet tabou. La loi du silence qui entoure cette thématique est lourde de conséquences pour tout le monde, en particulier pour les enfants qui grandissent dans un environnement qui occulte cette forme d'amour, et qui laisse la place à toutes sortes de préjugés négatifs qui les affectent durablement. En restant silencieuse quant au thème de l'orientation sexuelle, l'école cautionne l'homophobie ambiante, notamment au niveau du langage. Elle ne reflète pas la réalité sociale et empêche les jeunes qui ne s'identifient pas à la majorité hétérosexuelle de se développer en harmonie avec leurs sentiments intérieurs. L'école ne remplit pas son devoir d'objectivité et d'éducation pour tous en ne valorisant que des formes de socialisation hétérosexuelles et en n'abordant pas les thématiques liées à l'homosexualité en classe, notamment à travers les textes étudiés, ou par le fait que les enseignant-e-s homosexuel-le-s restent en grande majorité cachés. Les adolescents qui s'identifient comme gay ou lesbienne ou bisexuel(le) manquent de points de repère et ont du mal à se construire une identité autour de leurs sentiments les plus intimes. Les jeunes homos ne voient pas leur réalité reconnue, ni même évoquée, si ce n'est en des termes négatifs (insultes, railleries, plaisanteries, etc.). En n'éduquant pas la jeunesse sur ce thème, l'école n'aide pas les jeunes homosexuel-le-s à sortir de leur silence et laisse la porte ouverte à la violence verbale et parfois physique dont ils peuvent être les victimes. Ne voyant pas pas pourquoi ils se donneraient de la peine pour vivre dans un monde qui ne les considère pas, voire les rejette, certains jeunes homosexuel-le-s sont plus enclins à obtenir des mauvais résultats scolaires, à consommer des substances nocives, et à commettre des tentatives de suicide. Exclus de la course au bonheur, ils perdent leur estime de soi, et s'isolent souvent de leur entourage.


  3. Pourquoi doit-on éduquer les jeunes à propos de l'homosexualité ?


  4. Dans chaque classe, il y a un ou deux enfants qui se sentent attirés par des camarades du même sexe. Dans chaque classe, il y a des enfants dont un parent peut être gay ou lesbienne. Une discussion ouverte sur un thème de société qui touche tout le monde de près ou de loin ne peut qu'éclaircir un sujet qui est déjà présent dans l'esprit des jeunes, souvent avec des images et stéréotypes négatifs. En l'absence d'informations positives, les enfants croient que les homosexuels sont des malades, des pédophiles, des pervers, des êtres inférieurs. Il est nécessaire de mettre en lumière qu’il existe des homosexuels et que ces personnes ont droit au respect comme n’importe quel autre citoyen. Etant donné les préjugés qui sont véhiculés dans la société et dans l’enceinte de l’école, il est nécessaire d’aborder ce thème, au même titre que le racisme ou le sexisme, afin d'informer les élèves objectivement, de stimuler leur esprit critique, afin qu'ils puissent dialoguer avec autrui et comprendre les situations auxquelles ils seront confrontés pendant leur scolarité et tout au long de leur existence, et enfin de prévenir la violence entre jeunes ou contre eux-mêmes.


  5. Les enfants sont-ils trop jeunes pour qu'on leur parle d'homosexualité ?


  6. Les enfants en parlent déjà. Le sujet est déjà présent dans leurs esprits. En première primaire, ils connaissent déjà une panoplie d'insultes, telles que "Pédé, pédale, tante, tapette, lopette, gouine, etc." L'école peut et doit faire en sorte que tous les élèves puissent s'exprimer dans leur diversité. Qu'ils puissent poser les questions qu'ils souhaitent, qu'on leur donne une information neutre et objective à propos de l'homosexualité. S'ils ne sont pas trop jeunes pour intégrer des mécanismes sexistes et homophobes, pour se couvrir d'insultes blessantes, et pour apprendre à se détester, les enfants ne sont certainement pas trop jeunes pour que, dès la première primaire, on leur parle des diverses formes d'amour et qu'on leur apprenne le respect de chacun.


  7. Quel est l’âge adéquat ?


  8. Quel est l’âge adéquat pour commencer à parler d’hétérosexualité? Pour qu’un enfant voie deux personnes qui s’aiment? Pour qu’un enfant se rende compte du monde dans lequel il vit et de la pluralité des formes de l'amour et de la famille? Pour apprendre à respecter tout le monde?


  9. N'est-ce pas faire du «prosélytisme» ?


  10. En abordant ouvertement le thème de l'homosexualité, beaucoup d'enseignants et de parents y voient une forme de "prosélytisme". Mais les enfants ne sont-ils pas déjà soumis à un prosélytisme hétérosexuel plutôt exclusif? Est-ce faire du "prosélytisme noir" que de parler de racisme à des blancs? En abordant le thème de l'homosexualité avec de jeunes enfants, on peut faire passer un discours de tolérance, d'acceptation, de respect des différences, on peut combattre les images négatives, les discriminations, la violence qui va souvent de pair avec la peur de la différence. L'école se doit de donner la possibilité à chacun de s'épanouir selon ses équilibres intérieurs.


  11. Est-ce le rôle de l'école que de parler d'homosexualité ?


  12. L'école est l'une des clés essentielles de l'épanouissement. Elle apprend la vie en communauté et prépare les jeunes à affronter l'avenir, en transmettant non seulement un savoir, mais aussi des normes et des valeurs, qui ne reflètent malheureusement pas la réalité de l'amour entre personnes de même sexe. Il y a des élèves homosexuel-le-s dans chaque classe, des profs gays dans chaque école. Une école digne de ce nom doit valoriser et respecter chacun, quelle que soit son orientation sexuelle. L'amour entre personnes de même sexe existe, et l'école se doit d'intégrer cette réalité sociale dans son curriculum et dans le langage quotidien au même titre que d'autres thèmes de société. Il est vrai que les jeunes d'aujourd'hui disposent de points de repère dans les médias pour construire leur identité, bien que ce soient souvent des clichés. Cela ne dispense pas l'école de remplir sa mission en abordant le thème de l'homosexualité. Il s’agit de préparer les élèves à affronter les situations sociales auxquelles ils seront confrontés quotidiennement.


  13. Comment répondre aux craintes de certains parents ?


  14. Il semble naturel qu'avec les tabous qui règnent et l’opprobre social et juridique dont les homosexuels sont victimes, les parents ne souhaitent pas que l’on parle de l’homosexualité à leur enfant, par crainte que ce dernier ne "devienne" homosexuel et subisse ainsi des discriminations. On peut d’abord expliquer aux parents que l’on ne "devient" pas homosexuel, mais que c’est un état de fait contre lequel on ne peut et on ne doit rien faire. Par contre, le désir des parents étant que leur enfant s’épanouisse le mieux possible, il s’agira de les convaincre que c’est dans l’intérêt de l’enfant d’obtenir de l’information sur le sujet. Si l’enfant est homosexuel, et bien il pourra directement bénéficier de cette information et construire son identité en harmonie avec son entourage. Si l’enfant est hétérosexuel, et bien de l’information sur le sujet ne peut qu’éclairer son jugement et lui apprendre à respecter les homosexuels.


  15. Les enfants/adolescents exposés au thème de l'homosexualité sont-ils plus enclins à devenir homosexuels ?


  16. Chacun a une orientation sexuelle, qu'elle soit hétéro-, homo-, ou bisexuelle. L'homosexualité n'est pas une maladie qu'on attrappe. Donner de l'information objective à propos d'une réalité individuelle et sociale ne "rend" pas homosexuel. Pourquoi bon nombre d'enfants qui grandissent dans des familles hétérosexuelles s'identifient-ils comme homosexuels? Pourquoi la plupart des enfants qui ont des parents homosexuels sont-ils hétérosexuels?


  17. Quelle est la responsabilité de l'Instruction publique vis-à-vis de ce thème ?


  18. Outre des connaissances, l'école transmet aussi des normes et des valeurs essentielles aux enfants. Elle est un lieu privilégié de l'apprentissage de la vie en société. "Apprendre à vivre ensemble" n’est-elle pas l’appellation d'une réforme scolaire en cours en Suisse Romande ? L'école enseigne la vie en communauté, le respect des différences sociales, personnelles, nationales, ethniques, religieuses. Mais elle reste silencieuse quant au thème de l'orientation sexuelle. L'homosexualité existe et concerne de près ou de loin une large partie de la population. Dans chaque classe, dans chaque cour d'école se trouvent des élèves qui se sentent attirés par des camarades de même sexe. La mission de l'école est de permettre à chacun de recevoir une éducation dans les meilleures conditions, d'affirmer et de valoriser les personnalités et les différences de chaque élève. A ce titre, elle se doit de présenter le thème de l'homosexualité dans un cadre langagier positif, afin de répondre à sa mission d'égalité et d'éducation pour tous.


  19. Quelle est la responsabilité d'un éducateur santé, d'un animateur/trice en éducation sexuelle ? Obligation professionnelle ? Morale ?


  20. Le rôle de l’éducation sexuelle est primordial, même si sa portée est somme toute limitée. Par sa profession, l’éducateur sexuel se trouve dans une position clé pour présenter de manière objective toutes les facettes de la sexualité et de la vie affective. En tous cas, l’éducateur sexuel doit remplir sa mission, à savoir dispenser une information neutre et objective, rendre compte des réalités, et répondre aux attentes de chacun et de chacune. L’homosexualité est une composante de la sexualité qu’on ne peut pas passer sous silence, une composante qui se trouve au cœur de la thématique abordée par l’éducateur sexuel.


  21. Doit-on aborder le thème de l'homosexualité spécifiquement ?


  22. Il est important que les éducateurs offrent des espaces de discussion par rapport au thème de l'homosexualité, afin de sensibiliser les élèves, de briser le silence et de combattre les stéréotypes, et de permettre à chaque élève de s'épanouir en harmonie avec soi et avec son environnement. Dans un premier temps, il est souvent nécessaire d'aborder le thème de l'homosexualité et de l'homophobie en particulier. Mais il s'agit d'une manière générale d'inclure ce thème à tous les niveaux d'échange et de discussion, de l'intégrer aux questions de base auxquelles il est rattaché de fait, de sortir des clichés qui sont néfastes à de multiples niveaux.


  23. Est-il souhaitable qu’un enseignant s’affiche en tant qu’homosexuel ?


  24. Il serait bienvenu que les enseignant-e-s gays et lesbiennes s'assument, afin de briser le cercle vicieux de l'homophobie qui nuit aux jeunes, mais qui leur nuit aussi à eux enseignants. Afin de donner des modèles vivants de ce que peut être une personne homosexuelle. Il n'est pas aisé de briser les tabous, et le milieu scolaire et parental est plutôt hostile. Si les enseignant-e-s homosexuel-le-s ne risquent rien en théorie en faisant leur coming out (Art. 8 Cst.), il n'en va pas de même en pratique. Du moins ce sont les préjugés qui prévalent. En fin de compte, que "risque"-t-on vraiment si ce n'est être soi-même? La visibilité reste le seul et le meilleur moyen de légitimation de cette forme d'amour. Chacun est seul responsable pour tous.