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Discours de Michaël Ruch, 19 ans  
 
Delémont,
5 juillet 2003


"L'homosexualité est l'amour qui n'ose pas dire son nom : il est immensément difficile de verbaliser et de partager des sentiments interdits. Cette première étape dans la construction de l'identité homosexuelle est donc imprégnée de confusion, de doutes, de solitude et, très souvent, de honte." D'Oscar Wilde.
Cette phrase je l'ai découverte il y a quelques mois, et je trouve qu'elle résume bien ce que j'ai vécu et ce que je vis toujours, comme beaucoup d'entre vous. Je cache encore à beaucoup de monde ma vraie vie. Je commence à en avoir marre de mentir, c'est pour ça que j'ai décidé de faire ce petit discours. Je mens aux personnes qu'y m'entoure, car j'ai peur de les décevoir, de les choquer ou pire me faire tabasser en leur annonçant cette nouvelle. Mais il n'y a pas que ça, il y a aussi la peur des commérages ; ceux qui vivent dans un petit village ou une petite ville (le jura en regorge) comprendront. J'ai toujours peur qu'une personne apprend que je suis PD, vu qu'on dit rarement homo, et qu'elle aille dire à un ou une de ces ami(e)s, que je suis pédophile. Certaine personne font toujours l'amalgame entre homo et pédophile. Comme je m'occupe d'enfants le week-end, avoir une telle réputation, à l'heure actuel, fait beaucoup de mal, et pas seulement à moi mais aussi à l'organisation dont je fais parti. J'ai beaucoup réfléchi, j'ai pesé le pour et le contre et j'ai réalisé qu'il fallait que je vive ma propre vie et qu'il faut oublier ces langues de vipères. La vie que je menais, en regardant toujours sur les autres pour ne pas choquer, était triste et sombre, il y a de ça quelques mois. Maintenant que je vis ma vie, elle est lumineuse et gaie.

Par chance, vous et moi, nous avons surmonté nos peurs et l'ignorance de certaines personnes, sinon nous ne serions pas là. Nous avons réussi, mais combien d'ado et d'adultes doivent se cacher ou mentir car ils sont homos, lesbiennes, bi, trans, travestis et qu'ils ne sont pas prêts à l'accepter. Eux ils ont encore de "la chance", mais pensons à tous les autres qui n'ont pas eu la force soit de se cacher, soit de vivre leur propre vie et qui ne sont plus là. Ayons une petite pensée pour eux aujourd'hui.

Ce qui est important est de vivre et de laisser vivre.